Combien mettre de côté sur chaque rétrocession : la méthode 2026
Cotisations URSSAF, forfait invalidité-décès, impôt : comment calculer la part à garder sur chaque rétrocession reçue en 2026, au RSPM ou au régime classique.
L’essentiel
- Il n’y a pas de pourcentage universel : la part à garder dépend de ton régime de cotisations et du taux d’imposition de ton foyer.
- Au RSPM, en 2026, garde 13,5 % de chaque rétrocession pour l’URSSAF tant que ton cumul de l’année reste sous 19 000 €, 21,2 % au-delà, plus le forfait invalidité-décès de 158 € ou 631 € une fois par an.
- Au micro-BNC, en 2026, seuls 66 % de tes recettes sont imposés : avec un taux d’impôt d’exemple de 7,5 %, cela fait 49,50 € d’impôt pour 1 000 € reçus, mais 198 € si ces recettes tombent dans la tranche à 30 %.
- La première année, aucun acompte d’impôt n’est prélevé sur tes rétrocessions, sauf si tu en crées un sur impots.gouv.fr : sinon, tout l’impôt arrive à partir de septembre de l’année suivante, en même temps que les premiers acomptes.
- Au régime classique, les premiers prélèvements reposent sur des forfaits : mets de côté d’après tes cotisations réelles probables, pas d’après ce qui est prélevé.
Estimation indicative : elle ne remplace ni un expert-comptable ni les montants calculés par l’URSSAF.
Sommaire
Il n’y a pas de pourcentage magique, mais une méthode : sur chaque rétrocession reçue, tu mets de côté ta part de cotisations sociales, puis ta part d’impôt sur le revenu. Au RSPM, en 2026, cela fait 13,5 % pour l’URSSAF (21,2 % sur la part de l’année au-delà de 19 000 €), plus l’impôt sur 66 % de la somme au taux de ton foyer : avec un taux d’impôt d’exemple de 7,5 %, environ 18,5 % de chaque rétrocession, plus un forfait invalidité-décès une fois par an. Au régime classique, prévois davantage que ce qui t’est prélevé les premières années, car tes cotisations seront régularisées.
Cet article est une information générale, à jour au 20 octobre 2026, et ses calculs sont des estimations indicatives : pour ta situation, l’URSSAF, la CARMF, l’administration fiscale ou un expert-comptable ont le dernier mot.
Pourquoi mettre de côté dès la première rétrocession ?
Une rétrocession arrive brute sur ton compte : contrairement à un salaire, rien n’a été retenu dessus. Les cotisations et l’impôt qu’elle déclenche se paient plus tard, parfois beaucoup plus tard.
- Les cotisations du RSPM (régime simplifié des professions médicales) se déclarent et se paient à l’URSSAF (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales) après chaque trimestre, ou chaque mois sur option : pour les trimestres, au plus tard le 30 avril, le 31 juillet, le 31 octobre et le 31 janvier, d’après sa page dédiée. Une rétrocession reçue début janvier peut donc attendre plus de trois mois avant d’être cotisée (détails dans Déclarer ses recettes à l’URSSAF : échéances et pièges).
- L’impôt sur le revenu arrive encore plus tard la première année. D’après le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP), l’administration ne peut calculer un acompte sur un nouveau revenu non salarié qu’à partir de septembre de l’année suivante, une fois ce revenu déclaré. Si tu es interne, la retenue sur ta fiche de paie porte sur ton salaire, pas sur tes rétrocessions (Interne : gardes, remplacements et impôts).
Exemple Tu commences à remplacer en 2026 sans rien signaler aux impôts. Aucun acompte n’est prélevé sur tes rétrocessions en 2026, ni jusqu’en août 2027. Au printemps 2027, tu déclares tes recettes de 2026. À partir de septembre 2027, l’administration prélève le solde de l’impôt de toute l’année 2026 et démarre en même temps des acomptes calculés sur ces revenus. Pour comparer, en 2026, le solde dû sur les revenus de 2025 est prélevé le 25 septembre, ou en quatre fois, du 25 septembre au 28 décembre, s’il dépasse 300 € (impots.gouv.fr).
Ce double prélèvement de l’automne est le piège classique. Deux parades, cumulables : garder l’argent de côté au fil des rétrocessions, ou payer l’impôt au fil de l’eau en créant un acompte (voir plus bas).
Combien garder pour l’URSSAF au RSPM ?
Au RSPM, le calcul est direct. En 2026, l’URSSAF applique un taux unique de 13,5 % aux honoraires perçus jusqu’à 19 000 € déclarés dans l’année, et 21,2 % au-delà (articles D642-4-2 et D642-4-3 du code de la sécurité sociale). Ce taux couvre la maladie, les indemnités journalières, les retraites de base et complémentaire et la CSG-CRDS (contribution sociale généralisée et contribution au remboursement de la dette sociale). Et il n’y a pas de régularisation l’année suivante : ce que tu paies à chaque déclaration correspond à ce que tu as perçu.
Deux points à intégrer :
- Le forfait invalidité-décès. À ta première déclaration de l’année, l’URSSAF ajoute une cotisation forfaitaire de 158 € ou 631 € en 2026, selon la couverture que tu choisis : 25 % ou 100 % de la cotisation minimale de la CARMF, la Caisse autonome de retraite des médecins de France (dépliant CARMF, édition 2026). Garde-le en plus sur ta première rétrocession de l’année.
- Le passage des 19 000 €. Le seuil de l’article D642-4-1 s’apprécie, précise l’URSSAF, sur ton cumul de l’année civile, du 1er janvier au 31 décembre. La rétrocession qui le franchit se coupe en deux.
Exemple Ton cumul 2026 atteint 17 500 € et tu reçois 3 000 €. Les 1 500 premiers euros sont cotisés à 13,5 %, soit 202,50 €, les 1 500 suivants à 21,2 %, soit 318 € : tu mets 520,50 € de côté pour l’URSSAF, puis 21,2 % sur toutes les rétrocessions suivantes de l’année.
Les conditions du régime, sa sortie et le choix du forfait sont détaillés dans RSPM : le régime simplifié des médecins remplaçants.
Combien garder pour l’impôt sur le revenu ?
Au RSPM, tu es automatiquement rattaché au micro-BNC, le régime « micro » des bénéfices non commerciaux : tu déclares le total brut de tes rétrocessions en case 5HQ, et l’administration retire un abattement forfaitaire de 34 %, d’au moins 305 € en 2026 (article 102 ter du code général des impôts). Sauf recettes très faibles, ton bénéfice imposable vaut donc 66 % de ce que tu reçois.
Ce bénéfice s’ajoute aux autres revenus de ton foyer et passe au barème progressif. Le repère le plus simple est ton taux de prélèvement à la source (PAS), affiché dans ton espace sur impots.gouv.fr. Pour 1 000 € reçus, avec un taux d’exemple de 7,5 % :
- bénéfice imposable : 1 000 × 66 % = 660 € ;
- impôt estimé : 660 × 7,5 % = 49,50 €.
À savoir Ton taux de PAS est un taux moyen, calculé sur les revenus que ton foyer a déjà déclarés. L’impôt supplémentaire dû sur tes rétrocessions se calcule plutôt au taux de ta tranche la plus haute, ton taux marginal, voire de la suivante si elles t’y font passer. Pour les revenus de 2025, le barème compte cinq tranches, à 0, 11, 30, 41 et 45 % (service-public.gouv.fr) ; celui des revenus de 2026 sera fixé par la prochaine loi de finances. Si ton revenu augmente nettement, par exemple ta première année pleine de remplacements, ton taux actuel sous-estime l’impôt : si les 660 € tombent entièrement dans la tranche à 30 %, l’impôt est de 198 €, pas de 49,50 €.
Hors RSPM, si tu optes pour la déclaration contrôlée, la base n’est plus 66 % de tes recettes mais tes recettes moins tes dépenses réelles : la comparaison des deux régimes est dans Micro-BNC ou déclaration contrôlée.
Payer l’impôt au fil de l’eau
Plutôt que de tout garder jusqu’à l’automne suivant, tu peux créer un acompte dès ta première rétrocession : dans ton espace sur impots.gouv.fr, service « Gérer mon prélèvement à la source », rubrique « Gérer vos acomptes ». Tu indiques le bénéfice mensuel attendu (au micro-BNC, environ 66 % de tes recettes) et ton taux personnalisé s’y applique ; l’administration le recommande pour éviter « un solde d’impôt trop important » l’année suivante. Les acomptes sont prélevés le 15 de chaque mois, ou les 15 février, 15 mai, 15 août et 15 novembre sur option, et tu peux les modifier à la hausse ou à la baisse. Ils restent une estimation : l’écart avec l’impôt réel est régularisé après ta déclaration de revenus.
Combien mettre de côté pour 1 000 € reçus ?
En additionnant les deux parts, voici des repères au RSPM en 2026, avec quatre taux d’impôt d’exemple. Les cotisations valent 135 € (13,5 %) tant que ton cumul de l’année reste sous 19 000 €, 212 € (21,2 %) au-delà ; l’impôt est calculé sur 660 €.
| Taux d’impôt du foyer (exemple) | Impôt sur 660 € | Total, cumul jusqu’à 19 000 € | Total, cumul au-delà de 19 000 € |
|---|---|---|---|
| 5 % | 33 € | 168 € (16,8 %) | 245 € (24,5 %) |
| 7,5 % | 49,50 € | 184,50 € (18,45 %) | 261,50 € (26,15 %) |
| 11 % | 72,60 € | 207,60 € (20,76 %) | 284,60 € (28,46 %) |
| 30 % (tranche marginale) | 198 € | 333 € (33,3 %) | 410 € (41 %) |
Le forfait invalidité-décès, 158 € ou 631 €, vient en plus une fois par an.
Exemple Ta première rétrocession de 2026, 3 000 €, arrive en février. Ton taux d’impôt d’exemple est de 7,5 % et tu as choisi le forfait invalidité-décès réduit.
Cotisations : 3 000 × 13,5 % = 405 €, plus le forfait de 158 €, soit 563 €.
Impôt : 3 000 × 66 % = 1 980 € imposables, et 1 980 × 7,5 % = 148,50 €.
À mettre de côté : 563 + 148,50 = 711,50 €. Sur chaque rétrocession suivante de 3 000 €, sans forfait : 405 + 148,50 = 553,50 €, soit 18,45 %.
Arrondir au-dessus te laisse une marge si ton taux d’impôt réel se révèle plus élevé que prévu ; si tes rétrocessions tombent dans la tranche à 30 %, la dernière ligne du tableau montre que la part à garder dépasse le tiers.
Et au régime classique ?
Au régime classique des PAMC (praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés), l’URSSAF n’applique pas un taux à chaque paiement reçu : elle prélève des cotisations provisionnelles, puis les régularise sur ton revenu réel. Les deux premières années, ces provisionnels reposent sur des bases forfaitaires, quel que soit ton revenu : pour un début d’activité en 2026, 9 131 € (19 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, ou PASS) pour les allocations familiales, la retraite et l’invalidité-décès, 19 224 € (40 % du PASS) pour la maladie et les indemnités journalières. La CARMF appelle de son côté tes cotisations de retraite et d’invalidité-décès ; elle régularise ta retraite de base avec son solde de l’année suivante.
Ce qui est prélevé au début ne dit donc rien du coût réel. Une fois ton revenu déclaré, l’URSSAF t’envoie un nouvel échéancier : cotisations définitives de l’année écoulée, recalcul de l’année en cours et premières échéances de l’année suivante. La règle :
- mets de côté un pourcentage fondé sur tes cotisations réelles probables, pas sur les prélèvements ;
- paie les prélèvements depuis cette réserve et garde la différence pour la régularisation ;
- ajoute la part d’impôt, calculée comme au RSPM si tu es au micro-BNC.
Pour un ordre de grandeur, l’exemple chiffré de Régime classique : URSSAF et CARMF les premières années (45 000 € de recettes, remplacements de médecins de secteur 1, micro-BNC, première année) aboutit à environ 8 300 € de cotisations réelles, un peu plus de 18 % des recettes avant impôt, contre environ 4 500 € appelés sur les forfaits.
À savoir Tu peux demander à l’URSSAF de calculer tes provisionnels sur une « estimation de revenus » plutôt que sur le forfait : c’est le moyen prévu pour éviter une régularisation importante l’année suivante.
Quelle routine adopter ?
- Ouvre un compte à part, par exemple un livret, réservé aux cotisations et à l’impôt. Ce qui y entre n’est pas à dépenser.
- À chaque rétrocession reçue, le jour même, vire ton pourcentage, qu’il s’agisse d’un acompte ou d’un solde : c’est la date de réception qui compte, pas la fin de la mission.
- À la première rétrocession de l’année au RSPM, ajoute le forfait invalidité-décès.
- Chaque trimestre, déclare et paie l’URSSAF depuis ce compte, compare ton cumul aux 19 000 € (le portail du RSPM affiche une jauge) et ajuste ton pourcentage si ta situation a changé.
- Chaque année, après ta déclaration de revenus et ton avis d’impôt, recalcule ton pourcentage et crée ou ajuste ton acompte d’impôt.
Dans docfi, la rubrique « À mettre de côté » fait cette estimation au fil des paiements que tu enregistres, cotisations et impôt compris, au RSPM comme au régime classique. C’est un repère : la déclaration et le paiement, c’est toi qui les fais auprès de l’URSSAF et des impôts.
Comment vérifier ton estimation ?
- Les simulateurs d’impots.gouv.fr, pour l’impôt sur le revenu et pour le prélèvement à la source, avec tes recettes prévues ;
- ton espace URSSAF, pour ton cumul de l’année au RSPM ou ton échéancier au régime classique ;
- un expert-comptable, si ton foyer a d’autres revenus importants, si tu hésites avec la déclaration contrôlée ou si tu changes de régime en cours de route.
Attention Les pourcentages de cet article sont des estimations indicatives, construites sur les taux de 2026 et sur des taux d’impôt d’exemple. Ils ne remplacent ni ton avis d’impôt ni tes appels de cotisations : refais le calcul dès que ta situation change.
Questions fréquentes
Mon taux de prélèvement à la source est très bas, voire nul : dois-je quand même prévoir de l’impôt ?
Probablement. Ce taux est calculé sur les revenus que ton foyer a déjà déclarés et ne tient pas compte de tes nouvelles rétrocessions. Une simulation sur impots.gouv.fr avec tes recettes prévues te donnera un ordre de grandeur plus fiable.
Puis-je payer mon impôt au fur et à mesure plutôt que de le garder sur un compte ?
Oui. Dans « Gérer mon prélèvement à la source », tu peux créer un acompte dès ta première rétrocession en indiquant le bénéfice mensuel attendu, puis le modifier à la hausse ou à la baisse.
Le forfait invalidité-décès du RSPM se paie-t-il chaque trimestre ?
Non, une seule fois par an : l’URSSAF l’ajoute à ta première déclaration de l’année. En 2026, il vaut 158 € ou 631 € selon la couverture choisie.
Au régime classique, jusqu’à quand garder l’argent mis de côté ?
Jusqu’à ce que tes cotisations aient été régularisées sur ton revenu réel, l’année suivante : par l’URSSAF après ta déclaration de revenus, par la CARMF lors de l’appel du solde, à régler avant le 31 août (calendrier 2026). Avant cela, les prélèvements ne reflètent pas ce que tu dois vraiment.
Sources
Chiffres et règles vérifiés le sur les sources officielles ci-dessous.
- Le service médecins remplaçants (nouvel onglet)
URSSAFurssaf.fr
- Code de la sécurité sociale, article D642-4-1 (seuil de 19 000 €) (nouvel onglet)
Légifrancelegifrance.gouv.fr
- Code de la sécurité sociale, article D642-4-2 (taux de 13,5 %) (nouvel onglet)
Légifrancelegifrance.gouv.fr
- Code de la sécurité sociale, article D642-4-3 (taux de 21,2 %) (nouvel onglet)
Légifrancelegifrance.gouv.fr
- Code général des impôts, article 102 ter (micro-BNC) (nouvel onglet)
Légifrancelegifrance.gouv.fr
- BOI-IR-PAS-20-30-30 : début et fin de perception de revenus soumis à acompte (nouvel onglet)
BOFiP-Impôtsbofip.impots.gouv.fr
- Je débute une activité professionnelle (nouvel onglet)
impots.gouv.frimpots.gouv.fr
- Les acomptes de prélèvement à la source (nouvel onglet)
impots.gouv.frimpots.gouv.fr
- J’ai déclaré mes revenus en ligne et je constate qu’il me reste une somme à payer (nouvel onglet)
impots.gouv.frimpots.gouv.fr
- Simulateurs (impôt sur le revenu, prélèvement à la source) (nouvel onglet)
impots.gouv.frimpots.gouv.fr
- Quel est le barème de l’impôt sur le revenu ? (fiche F1419) (nouvel onglet)
Service-public.gouv.frservice-public.gouv.fr
- Praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés : affiliation et régime social (fiche F39739) (nouvel onglet)
Entreprendre.service-public.gouv.frentreprendre.service-public.gouv.fr